Vectrix VX-3 Li+ : élecTRIque

Essais Scooters Laurent Blairon
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Seul producteur de maxiscooter GT 100% électrique, Vectrix tente maintenant l’aventure 3 roues avec le VX-3 Li+. Courant mai, l’importateur nous réservait un petit galop d’essai en primeur dans les rues de Bruxelles.

A l’évidence, le VX-3 Li n’étant qu’une extrapolation du VX-1, son look n’est plus de prime jeunesse. De là à dire qu’on est blasé, non. Vous en croisez souvent, vous, des Vectrix?  Qu’importe, l’américain affiche des ambitions qualitatives. Un peu trop de plastique dur, certes, mais le Vectrix est pensé pour durer. Le tableau de bord s’avère complet, toutes les infos sont clairement présentées, surtout la jauge à courant.  Au guidon de cet imposant engin, l’espace ne manque pas. Sans être complètement détendues, les jambes, même grandes, trouvent leurs aises. La double selle large et bien rembourrée coiffe les batteries mais aussi un coffre décent, capable d’accueillir un casque intégral.

C’est aussi sous la selle que vous trouverez le câble électrique pour recharger. A ce propos, l’opération requiert 2h30 pour une recharge à 80% et environ 6 heures pour une charge complète avec laquelle il est possible d’effectuer plus de 120 bornes. Dans les montagnes russes bruxelloises et avec mon honorable stature, pas sûr d’y arriver mais on vérifiera plus tard, dans le cadre d’un essai détaillé puisque dans ce cas, nous n’avons pu négocier qu’une bonne heure de roulage (mais tout grand merci quand même aux responsables!). Avant de démarrer, nous décryptons visuellement le Vectrix pour nous rendre compte que les fournisseurs ont été triés sur le volet: Marzocchi, Brembo, Sachs, Pirelli, le Vectrix se réserve des composants de choix, de bon augure pour la suite. Sans un bruit, le VX-3 s’élance dans la circulation de la capitale.

Lourd sans lourdeurs

S’il est complètement différent de celui d’un MP3 que nous connaissons bien, le double train avant du Vectric confirme vite sa cohérence. Aucune lourdeur excessive ni de mouvements brusques ne perturbent la prise en main, le tricycle slalome tout en fluidité. C’est même plus que cela, le VX-3 Li+ témoigne d’un naturel étonnant dans les changements d’appui, aussi facilement qu’une deux-roues, même si le poids demande un peu de «bouteille» pour se sentir en confiance.  Comme pour un MP3, le VX-3 encaisse mieux les irrégularités. Accusant 238 kilos à sec, le démarrage est normal mais une fois lancé, la poussée franche arrive et vous propulse en toute aisance à 90-100km/h. On s’autorise des incursions sur voies rapides sans peur au ventre car avec 110km/h en pointe, le Vectirx est une bombe parmi les électriques, habituellement moins véloces. En somme, un niveau de performance comparable à celui d’un bon 125cc.  

Poignée régénératrice

Rapidement convaincus, nous nous concentrons sur sa fameuse poignée régénératrice, un autre brevet Vectrix. Dans la pratique, on freine en tournant l’accélérateur dans l’autre sens, ce qui a pour effet d’inverser la polarité du moteur électrique. Manœuvre assez déroutante au départ, certes, mais on saisit finalement très vite tout son bon sens. Et, en sus, cela redonne un peu de courant à votre batterie. Adopter cette façon de conduire accentue la conduite souple et calme d’un maxiscooter électrique. D’après les utilisateurs du VX-1 (la version 2 roues), il est presque possible de ne plus jamais freiner traditionnellement, c’est-à-dire en actionnant ses étriers. Tout bon pour leur longévité… Evidemment, lorsque l’on provoque ce rétro-frein et qu’en plus on tire sur les deux leviers, les décélérations deviennent irréprochables.

Autre intérêt d’un scooter à trois roues, la possibilité de figer le train avant de sorte à, par exemple en arrivant à un feu rouge, ne pas sortir les pieds en bloquant la double articulation du train avant. En redémarrant, dès 8km/h, le système se désactive automatiquement. Cette opération, qui se joue grâce à un simple bouton, assure aussi et surtout de garer votre VX-3 absolument partout, même en forte pente et/ou un sol accidenté ou non pavé. Une bénédiction pour les débutants tout comme les scootéristes confirmés. Autre point fort du VX-3 Li+, sa marche arrière que l’on actionne en tournant également l’accélérateur à l’envers. Pour le sortir du garage sans effort et/ou s’extraire d’une place de parking étroite, on apprécie! Sans déjà le classer parmi les maxiscooters pour «vieux», reste que ces fonctionnalités rendent l’engin très domptable et n’exige que peu d’effort de votre corps, malgré ses 238kg.

Electrique du tonnerre

Au terme de cette première prise en main, le VX-3 Li nous semble fin prêt à entamer sa carrière commerciale – enfin, dirons les mauvaises langues. Son train avant dédoublé offre ce niveau de sécurité qui charme et surtout rassure les nouveaux utilisateurs de maxiscooters. Mais en plus, c’est un full électrique qui marche du tonnerre puisque ne craignant ni les nationales ni l’autoroute, ce qui reste rare dans le petit monde des modèles électriques. Dommage pour son look daté qui manque d’effet «waouw». Message à l’attention des décideurs de la marque Vectrix: un dernier petit effort financier au travers d’un lifting ne lui ferait pas de tort. Reste maintenant à convaincre les amateurs de technologies – et surtout les entreprises – de payer les 15.000€ demandés. 

Un essai électrique signé Laurent Blairon et publié dans le Moto 80 n°752.