Peugeot 125 Satelis 2 – Changements dans la continuité…

Essais Scooters Vincent Marique
Spread the love

Lancé au printemps 2006, le Peugeot Satelis commençait à accuser son âge. Le constructeur français profite donc de cette évolution pour optimiser et renforcer l’allure déjà séduisante et racée de son modèle phare, logiquement baptisé Satelis 2.

Sans rompre avec la ligne précédente. Pourtant, ce ne sont pas moins de 27 pièces de carrosserie (sur 33) qui sont modifiées, conférant au nouveau Satelis des lignes plus douces et harmonieuses que précédemment. On retiendra notamment la nouvelle face avant à phares allongés (plus lumineux de 35%), intégrant des ampoules chromées et une barre de diodes, comme sur les autos de la marque, ainsi qu’un nouveau poste de pilotage avec un cadran digital plus large (rétro-éclairé en bleu), mais surtout de nouveaux flancs latéraux agrémentés de fausses écopes, façon Satelis Compressor.

Le Satelis 125 dispose du tout nouveau moteur Peugeot 125cc de type LFE (Low Friction Efficiency), inauguré par le Citystar et privilégiant la souplesse de fonctionnement et l’économie de carburant. L’aspect sécurité active évolue également, tout au moins pour les versions Urban et Executive du Satelis 2, qui profitent d’un freinage de 3e génération, développé conjointement avec Nissin. Une évolution attendue, qui contrairement au précédent système ABS-PBS, répartit la puissance de freinage sur les deux roues, avec protection antiblocage sur chacune d’elle. Un véritable plus!

Equipement en hausse

L’engin fait tout pour satisfaire ses hôtes, avec une assise conducteur confortable et une hauteur de selle passager abaissée de 15mm. Les échancrures prévues de chaque côté du plancher facilitent la pose des deux pieds au sol afin de bien stabiliser l’engin à l’arrêt. Le niveau d’équipement est excellent, à commencer par l’antidémarrage par transpondeur et un volume du coffre en progression de 12%, acceptant d’autant plus facilement deux casques intégraux ou une large mallette (35x45x15cm) ou encore de longs objets (70cm). Le vide-poche latéral gauche est conservé et accueille toujours sans peine une bouteille d’eau d’un litre, tout en abritant une prise 12V. On retrouve également le petit rangement de guidon prévu pour des lunettes ou de petits objets, l’accroche-sac au tablier, ainsi que la housse antipluie logée en bout de selle. Il est toujours possible de démarrer son moteur avec la béquille latérale déployée, afin de le laisser chauffer par temps froid, une sécurité empêchant d’accélérer tant que celle-ci n’est pas repliée. Le tableau de bord gagne en esthétique comme en visibilité, grâce à l’emploi d’un cadran digital plus grand. De nouvelles fonctionnalités sont proposées par l’ordinateur de bord, notamment un indicateur de consommation moyenne et instantanée, commandé depuis une gâchette au commodo droit. La version Executive est par contre la seule à intégrer dans son coffre une chaine antivol lasso de marque Abus, vraiment très pratique.

Moins rageur, plus fin

Confortablement installé, le conducteur profite d’une vue dégagée et de la bonne protection au vent du pare-brise haut (445mm). Il bénéficie de rétroviseurs asphériques dont la forme convexe des miroirs réduit l’angle mort. Les jambes sont un peu exposées malgré la relative largeur du tablier, mais des déflecteurs additionnels sont proposés en option. Bien campé sur ses roues de 14 et 13’’, le Satelis fait preuve d’un comportement rassurant mais dans un contexte urbain, c’est surtout la sonorité moteur, en nette régression (-3 dB), et l’impression de souplesse accrue qui prédominent. La nouvelle mouture du bloc Peugeot n’est plus aussi vindicative et rageuse. La montée en régime se fait à présent de manière plus linéaire et le Satelis met plus de temps pour atteindre son régime maxi. Sur route, le comportement dynamique demeure excellent, le Satelis 2 conservant le robuste châssis double berceau tubulaire de son prédécesseur, associé à une fourche à tubes de 37mm et un combiné amortisseurs réglable. L’ensemble fait effectivement preuve d’une grande stabilité en ligne à haute vitesse sur voies rapides. Même constat sur les petites routes tortueuses de la Vallée de Chevreuse, où les journalistes présents n’ont pas ménagé leur peine afin de mieux cerner les limites de l’engin. Incisif à la mise sur l’angle, à l’aise dans les changements de direction rapides, suffisamment bien suspendu pour ne pas trop subir les imperfections du revêtement routier de type raccords saillants et autres nids-de-poule, une vraie sérénité.

Le nouveau moteur se prête de bonne grâce à toutes nos sollicitations, tractant sans trop de peine les près de 180 kg de l’engin en ordre de marche. En pointe, le Satelis 2 fait par contre moins bien que son prédécesseur, avec une vitesse compteur relevée de 110 km/h lors de cet essai (Satelis 1: 130 km/h compteur pour 115 réels). A sa décharge, le Satelis essayé n’avait que 700 km au compteur et devrait donc se libérer au fil des kilomètres. La plage d’utilisation nous a par ailleurs semblé plus large, avec une progressivité accrue et sans rupture dans la montée en charge, comme précédemment. Ceci avec une sonorité nettement moins présente et une consommation d’essence moyenne de 3,6 litres/100 km (données constructeur), qui lui conférerait au final une autonomie de plus de 350 km grâce à son réservoir de 13,2 litres. A confirmer. Le nouveau freinage ABS, combiné au levier gauche, fonctionne pour sa part parfaitement et confère au conducteur une grande impression de sécurité (pas de crainte de blocage mais de la fermeté quand même). Finis les bruits de fonctionnement des pompes hydrauliques et l’arrivée brutale de la puissance, boostée par l’assistance PBS du précédent système… Gare aux excès d’optimismes lors de la prise des freins car le système peut tout de même se faire piéger, comme par exemple lors d’un freinage appuyé sur une partie de route fripée avant un stop.

Une relève attrayante !

Malgré une conjoncture économique difficile, Peugeot propose là une évolution bienvenue de son best-seller. Le constructeur français aurait certes pu aller plus loin sur le plan du design, près de six ans après le lancement du premier Satelis, mais la période n’est pas à l’excès d’audace. Pour autant, le Satelis 2 mérite largement qu’on s’y intéresse, ne serait-ce que pour son esthétique bonifiée, sa motorisation optimisée, ses équipements pléthoriques et son nouveau système de freinage combiné ABS. D’autant qu’il conserve un positionnement prix attractif par rapport à plusieurs de ses rivaux. Proposé à 3999 € en version Premium (freinage classique sans ABS), 4499 € en version Urban (ABS) et 4599 € en version Executive (ABS + Antivol lasso Abus), le Satelis 2 arrive juste à point pour satisfaire le besoin de renouvellement des actuels possesseurs d’un Satelis première génération. Disponibles dans le réseau dès le mois de juin 2012, ces modèles 125cc seront accompagnés dès septembre d’une version 300cc à moteur Piaggio, en attendant le trois-roues Métropolis 400 dont le lancement est prévu pour la fin d’année. 

Un essai signé Gwendal Salaün et publié dans le Moto 80 n°738.