La Febiac estime que la moto et le scooter sont des solutions de mobilité sous-estimées

Actualités Vincent Marique
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Avec la rentrée des classes, les embouteillages quotidiens sont aussi de retour. Les autorités belges et les acteurs de la mobilité avancent des alternatives à la voiture, mais FEBIAC déplore le peu de place accordé aux deux-roues motorisés dans ces propositions. C’est là une occasion manquée car un plus grand nombre de motos et de scooters dans le trafic domicile-travail permettrait de réduire les files et constituerait donc un gain de temps pour tous.

La Belgique connaît des problèmes de mobilité structurels, à la fois sur les grands axes et dans les villes. En parallèle, le nombre de véhicules sur nos routes ne cesse d’augmenter. Divers organismes et instances proposent d’autres solutions de mobilité : marche, vélo, voiture partagée, transports en commun… La Semaine de la Mobilité attire d’ailleurs l'attention sur tous ces modes de déplacement. Stijn Vancuyck, conseiller deux-roues motorisés de FEBIAC (la Fédération belge de l'Automobile et du Cycle), souligne cependant que dans le débat sur les solutions de mobilité, le deux-roues motorisé n'est pas ou guère présenté comme une alternative valable. « Tous les moyens de transport font partie de la solution : le train, les transports publics, le vélo, la voiture, la moto. Mais pour certains déplacements, la moto et le scooter sont des alternatives très intéressantes, surtout si l'on n’habite pas à proximité immédiate d'un arrêt de bus ou d'une gare », explique Stijn Vancuyck.

Embouteillages

Le législateur a autorisé les motos et scooters à rouler entre les voitures dans les files, à condition que la vitesse moyenne du deux-roues reste inférieure à 50 km/heure et que la différence de vitesse avec le trafic automobile ne dépasse pas 20 km/heure. À elle seule, cette mesure assure déjà une réduction des embouteillages puisque les motos et scooters ne se trouvent plus dans les files de voitures.

Ces dernières années, des études belges et étrangères ont démontré les avantages de la moto et du scooter. En 2011, FEBIAC a commandé une étude à Transport & Mobility Leuven afin d’évaluer ce qui se passerait si 10 % des automobilistes se déplaçaient à moto ou en scooter pendant les heures de pointe (embouteillages). Selon les calculs de l’institut de recherche, ce changement se traduirait par 40 % de files en moins (en termes d'heures perdues/véhicule). Il y aurait non seulement moins de files, mais celles-ci se résorberaient aussi plus vite. Dans une autre étude, la Federation of European Motorcyclist Associations (FEMA) a demandé à un automobiliste, un cycliste et un motocycliste de parcourir un même trajet dans 15 villes d'Europe. Résultat : le motocycliste arrive toujours le premier. La différence par rapport à la voiture va d'un quart d'heure à plus d'une demi-heure.

La solution

Les motos et scooters peuvent donc apporter une solution structurelle, conclut Stijn Vancuyck. « De plus, l'utilisation de la moto pendant les heures de pointe est positive pour tous les usagers de la route : comme les files sont moins importantes, les camions de marchandises arrivent aussi plus vite à destination. » Autre avantage, les motos et scooters sont moins polluants. « Ils sont plus rapides que les voitures, qui roulent au pas ou sont à l'arrêt, et passent donc moins de temps dans la circulation. Et dans les agglomérations, les rues ne sont pas encombrées à cause des conducteurs de moto ou de  scooter qui cherchent une place de stationnement », ajoute Stijn Vancuyck.

FEBIAC donne l'exemple et promeut l’adoption de la moto ou du scooter comme mode de déplacement. Koen Crombez, de Louvain, a ainsi pu utiliser une moto flambant neuve pendant trois mois grâce à FEBIAC. « J'ai tellement apprécié ces trois mois que je me suis acheté une moto d'occasion », explique-t-il. « J'en avais assez de perdre mon temps dans les files entre Louvain et Bruxelles. À moto, je gagne une demi-heure à une heure par jour. » FEBIAC rappelle aussi que les frais de moto ou de scooter liés aux déplacements domicile-travail (équipement, amortissement) sont fiscalement déductibles à 100 %.

Qu'attendons-nous ?

Dans ces conditions, il est permis de se demander pourquoi le deux-roues motorisé ne séduit pas davantage de monde. La météo belge en décourage peut-être plus d’un, mais les tenues modernes sont bien chaudes et parfaitement étanches, à la pluie comme au vent. Une autre explication possible réside dans le fait que les conducteurs de deux-roues sont considérés comme des usagers vulnérables. D'après les chiffres de MOTAC (Motorcycle Accident Causation, une étude réalisée en 2013 par l'Institut belge de la Sécurité routière avec le SPF Mobilité et Transport), 65 % des accidents graves impliquant des motocyclistes concernent des accidents entre un motocycliste et un autre usager de la route. Ils se produisent surtout aux carrefours (42 %) et aux sorties (17 %) ; ils sont moins fréquents dans les files. Une bonne formation des automobilistes et des motocyclistes peut apporter des améliorations à cet égard. Sans oublier, naturellement, l'importance d'une conduite défensive et anticipative.