Kawasaki étudie le concept du moteur 2-temps hybride…

Actualités Motos Vincent Marique
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Ne cherchez pas d'illustration de ce moteur, et n'imaginez pas que l'illustration ci-dessus est un avant-goût de cette technologie. Car ce moteur 2-temps hybride auquel pense Kawasaki, il n'existe pas. Pas encore.

Le moteur thermique, ou à combustion interne, a encore un avenir. C'est ce que pensent la plupart des constructeurs de 2 ou de 4-roues. Même si cet avenir doit passer par une certaine forme d'hybridation, c'est-à-dire au sens premier du terme tout simplement l'association de plusieurs technologies.

À l'heure où le monde politique ne parle que d'électrique, les constructeurs et les scientifiques travaillant à leur service planchent sur de nombreux autres projets et des technologies diverses, sachant parfaitement que le "tout électrique" n'est rien d'autre qu'une utopie dans l'état actuel des connaissances et, surtout, dans l'état actuel des ressources de notre planète – notamment en métaux rares.

Parmi les technologies étudiées par les constructeurs, intéressons-nous à l'une de celles sur lesquelles les ingénieurs de Kawasaki sont actuellement penchés: un moteur 2-temps hybride suralimenté

Récemment, Kawasaki a déposé au Japon le brevet d'un type de moteur très différent de ce que nous connaissons actuellement. Un concept redéfinissant le principe même des moteurs à combustion interne classiques.

Pour simplifier les choses, disons que ce moteur serait à la base un 2-temps, c'est-à-dire que le cycle complet (admission/compression/combustion/échappement) s'effectue en deux mouvements de piston seulement. Mais contrairement aux "antiques" moteurs 2-temps qui équipaient nos vieilles motos ou mobylettes, ce moteur ne fait pas appel à des "lumières" perçant les parois des cylindres, mais bien à des soupapes à clapet.

Pour forcer l'admission d'air, mais aussi déclencher l'éjection des gaz brûlés, avec des soupapes d'admission et d'échappement ouvertes simultanément, ce moteur fait appel à un "superchargeur". Il utilise aussi une injection directe de carburant, qui n'intervient que lorsque les soupapes sont fermées. De la sorte, il n'y a pas de carburant imbrûlé éjecté du cylindre.

Ce concept de moteur 2-temps, Kawasaki envisage de l'utiliser pour un 4-cylindres associé à un vilebrequin dit "crossplane" – une technologie de calage bien connue des amateurs de MotoGP notamment -, qui permet d'avoir un cycle complet tous les 360 degrés de rotation, avec un maneton tous les 90 degrés. De la sorte, il n'y a pas, comme dans un 4-cylindres en ligne classique, d'allumage simultané dans deux cylindres.

L'autre grande innovation de ce concept de groupe propulseur breveté par Kawasaki, c'est que ce moteur thermique n'est pas relié à une boîte de vitesses via un embrayage, mais bien à un générateur électrique qui alimente un dispositif de stockage, qui fournit à son tour l'électricité à un moteur électrique entraînant la roue arrière.

C'est un peu le principe utilisé sur certaines voitures avec le prolongateur d'autonomie: tournant à un régime optimal, le moteur thermique sert simplement à produire de l'électricité pour alimenter le moteur électrique. C'est aussi ce que l'on appelle une hybridation en série plutôt qu'une hybridation parallèle, qui est aujourd'hui la "norme" sur les voitures hybrides, avec un moteur électrique assistant le moteur thermique. Au final, le rendement de ce type de moteur, même s'il ne serait pas aussi bon que celui d'un groupe propulseur 100% électrique, serait de quelque 70%, soit nettement plus que les moteurs thermiques 4-temps actuels.

Vous le voyez, le moteur à combustion interne n'est assurément pas encore mort. Il subsiste un potentiel d'évolution certain. Surtout pour les grands groupes industriels, comme Kawasaki, qui peuvent répartir les coûts de développement entre ses différentes branches d'activités.